Partager l'article ! Conseils médicaux: Le conseil médical pour le sportif handicapé, choix d'une discipline sportive, aptitude, démarches pratiques. ...
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Le médecin qui reçoit dans son bureau de consultation un handicapé physique, qu'il soit ou non en fauteuil roulant, se doit d'initier une démarche qui lui permettra
de pratiquer, en loisirs ou éventuellement en compétition, et ainsi de bénéficier des avantages physiques, psychologiques et sociaux de cette activité. Comme pour tout sportif, il devra vérifier
son aptitude et prendre en charge son suivi.
L'expertise du handicap physique :
Infirmes moteurs cérébraux, 30 % : ils font du sport parce qu'ils sont jeunes, scolarisés et qu'un certain nombre d'entre eux peuvent se déplacer relativement aisément : syndrome de
little. Le bilan médical s'axera surtout sur l'analyse des troubles du tonus et des troubles orthopédiques, sans négliger les éléments d'un facteur psychologique ni la recherche d'une
comitialité.
Paraplégiques et tétraplégiques, 20 % : ce sont les jeunes qui font du sport, en partie pour valoriser leur image mais aussi pour être en forme, pouvoir passer les obstacles en
fauteuil roulant. Bien entendu, le bilan d'une lésion médullaire est complexe : quel est le niveau neurologique ? La lésion est-elle complète au incomplète ? La spasticité est-elle gênante ? Quel
est l'état des téguments, existe-t-il une cicatrice ischiatique ? Quels sont les troubles mictionnels et pratique t-il l'auto sondage ? Comment se fait la régulation thermique et la régulation de
la tension artérielle (hypotension des tétraplégiques) ? La visite d'aptitude sera alors une excellente occasion pour faire le point de la paraplégie ou de la tétraplégie, en pensant à la
diversité des complications que ces patients peuvent avoir, pas seulement à l'occasion de la pratique sportive.
Amputés, 10 % : ne posent généralement pas d'importantes difficultés d'expertise, encore qu'il faille déterminer l'état de leur moignon et des articulations sous-jacentes ainsi que
de type d'appareillage utilisé au quotidien comme pour la pratique sportive.
Malvoyants, il représentent 10 % de la population sportive. Beaucoup sont très jeunes, le handicap étant congénital. Il faut rappeler que la moitié d'entre eux ont une affection en
évolution et deviendront non-voyants. Il faudra s'assurer auprès de leur ophtalmologiste que la pratique sportive ne risque pas d'accélérer l’évolution de leur déficience (décollement de la
rétine).
Les traumatisés crâniens sont peu nombreux mais nécessitent un entourage important du fait de leurs troubles neuropsychologiques complexes ou de l'existence d'une comitialité
.
Les autres handicapés forment un ensemble hétérogène où l'on trouve des séquelles de traumatismes articulaires, des paralysies périphériques, des scolioses graves, des maladies neurologiques hérédo dégénératives et même des myopathies. Chaque cas est particulier.
En pratique, le médecin qui souvent connaît très bien depuis des années son patient handicapé a déjà procédé à
l'évaluation détaillée des déficiences et peut se concentrer sur les problèmes d'aptitude et surtout de choix d'activité, en sachant cependant que dans ce domaine c'est encore le souhait du
handicapé qui prime.
L'aptitude :
Il faut inciter le sportif a consulter son dentiste régulièrement, lui rappeler les règles classiques d'hygiène
de vie, éventuellement faire un point diététique avec lui; boit-il suffisamment ? Rechercher les complications du handicap est relativement facile pour celui qui y est habitué. C'est surtout
nécessaire chez les blessés médullaires. Comment se passent les mictions ? Le sportif fait régulièrement divers contrôles ECBU ? A-t-il des fréquentes infections urinaires ? Dans quel état est
son revêtement cutané, surtout au niveau des appuis ? A-t-il un bon état orthopédique ou sinon ne pas hésiter à lui faire prescrire de la kinésithérapie ? L'appareillage est-il bien adapté ?
Quelques commentaires s'imposent sur quelques sports:
L'athlétisme se pratique debout comme en fauteuil roulant. Les paraplégiques et les
tétraplégiques réussissent bien dans les courses en fauteuil roulant, dans les épreuves de vitesse comme dans les épreuves de fond ou sur route. Rappelons le record actuel du marathon (1 h 20
pour parcourir 42 km 195). Pour les handicapés des membres inférieurs, les lancers se pratiquent debout plus souvent qu'en fauteuil. Enfin pour les non-voyants, l'athlétisme offre des
possibilités remarquables pour les courses de vitesse, les lancers et les sauts, au prix d'un long apprentissage.
Le basket-ball n'est pratiqué qu'en fauteuil roulant. C'est un sport médiatique et attirant.. Il procure un maniement exceptionnel du fauteuil roulant et une endurance à toute
épreuve. Y réussissent particulièrement bien les handicapés des membres inférieurs et les paraplégiques de bas niveau neurologique. Ceux de haut niveau neurologique pâtissent de leur mauvais
équilibre du tronc.
La natation reste le sport praticable qui attire un grand nombre de jeunes. Y sont très performants les amputés ou les nageurs atteints de séquelles de poliomyélite. Les blessés
médullaires obtiennent des résultats malgré leurs troubles du tonus et de la sensibilité.
Le tir à l'arc est aussi bien pratiqué debout par les amputés des membres inférieurs appareillés et par certains IMC qu'en fauteuil roulant par les paraplégiques et
tétraplégiques. Les non-voyants pratiquent avec l'aide d’un système rétrocontrôle infrarouge à information sonore ou encore avec l'aide d'un système de repérage du bras d'arc dans l'espace.
Le tennis de table est pratiqué partout et par tous, soit debout soit en fauteuil roulant. Les tétraplégiques de niveau C7 peuvent pratiquer grâce à une adaptation de la raquette
sur leurs mains paralysées.
Le cyclisme se pratique en solo ou en tandem. Les amputés d'un membre inférieur ou supérieur réussissent bien. Se pose le problème de l'utilité de l'appareillage qui sera à
étudier pour transmettre les forces.
Le ski alpin est pratiqué avec brio par les amputés l’d'un membre inférieur, sans prothèse, utilisant un seul ski et 2 Cannes stabilo. Les paraplégiques pratiquent le ski assis,
l'appareil étant constitué par une coque est un ski relié à celle-ci par un amortisseur.
Y a-t-il des avantages à faire du sport ?
La réponse à cette question vient de la comparaison des populations de handicapés sédentaires et de handicapés
sportifs.
Les sportifs pour un même degré de déficiences ont une meilleure autonomie surtout pour les dépassements, une meilleure image d'eux-mêmes, une meilleure insertion.
Les bénéfices physiques :
Les mêmes que pour les valides, force musculaire, souplesse articulaire, coordination gestuelle, résistance à la
fatigue et à l'apprentissage de nouveau savoir-faire : rouler, nager, tirer, skier, naviguer, monter un cheval, escalader...
Le gain de force aux membres supérieurs et au tronc et l'amélioration de l'équilibre permettent de mieux utiliser le fauteuil roulant, de mieux passer les obstacles, de mieux se servir des aides
de marche. Ces bénéfices fonctionnels dans les activités quotidiennes sont obtenus rapidement.
L'exercice physique permet d'éviter les méfaits de l'immobilité : raideur articulaire, déformation orthopédique, ostéoporose d'immobilisation, désadaptation cardio-vasculaire, surpoids, et
troubles trophiques... La crainte de ne pouvoir être présent à un rendez-vous sportif, quel qu'en soit le niveau, est un bon aiguillon.
Les bénéfices psychologiques :
Ils sont nets. De l'expérience acquise, au contact des handicapés physiques sportifs, il est possible d'affirmer
qu'ils acceptent mieux leur handicap, ont une meilleure image d'eux-mêmes que les sédentaires et sont plus entreprenants.
Les sportifs vivent l'activité physique comme un instant privilégié de relation aux autres, un espace où l'on parle d'autre chose que du handicap et où l'on oublie même sa différence.
Les bénéfices sociaux :
Intéressera le rééducateur qui se demandera si le sportif est mieux réinséré que les autres ?
Intuitivement, en observant ceux que nous côtoyons depuis des années, nous répondons oui. Si le sportif est mieux inséré, l'est-il parce qu'il est sportif ou devient-il sportif parce que bien
réinséré ? Sans doute les deux ; mais, dans une étude réalisée en 1992, on note que deux tiers des sportifs l'étaient déjà avant que leur déficience soit survenue. Et lorsqu’ils sont interrogés,
ils sont unanimes à répondre qu'ils ne font pas du sport parce qu’ils sont handicapés.
Sport et lieux de loisirs :
Les sportifs ont été les premiers handicapés à vouloir à accéder aux lieux de loisirs : stades, piscines,
hôtels, salles de spectacles, vacances. Leur autonomie et leur aisance psychologique les poussent à aller loin géographiquement et dans l'exploit. Ils sont tentés par l'aventure et c'est ainsi
que certains vont plonger aux Maldives, descendre un cours d'eau en canoë, ou participer à un raid automobile en Afrique... Un paraplégique fait du delta plane, un tétraplégiques incomplet du ski
nautique, un poliomyélitique de l'ascension avec son fauteuil sur le dos, etc....
L'habitude de se débrouiller est pris à l'occasion des activités sportives, y compris de s'accommoder provisoirement d'un logement non adapté, ce qui permet ne pas restreindre ses
déplacements.
Une caractéristique de l'état d'esprit des sportifs est de ne pas rejeter à priori un projet, d'en étudier les possibilités et d'en calculer les risques.